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BRUNO SEVAISTRE

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LA PRESSE

 

LE MONTAGE, ESPACE DE LIBERTÉ

 

J’ai eu la chance de pouvoir monter mes premiers films. C’était une volonté de départ. Je considère aujourd’hui que la pratique du montage est une des meilleures « écoles de tournage ». Cela vous apprend très rapidement à corriger vos erreurs, à anticiper le positionnement de la caméra, à mieux découper les scènes à la prise de vues. Voilà pourquoi le montage est, à mon sens, ininterrompu depuis la première observation jusqu’au film définitif.

 

Je revendique la technique du « tourné-monté ». Il s’agit d’un processus intellectuel qui consiste à découper l’action que l’on vit au moment où on la vit, pendant le tournage, afin de tourner les plans de valeurs distinctes qui seront ensuite montés en harmonie. C’est le sens de ces plans qui a une valeur, parfois au détriment des raccords.

 

Comme je tourne au son, c’est la parole qui organise le montage. La durée est réservée à l’action, ou pour le moins à la parole en action. La priorité est donnée aux plans séquences. Aucun plans de coupe, uniquement des plans d’écoute. Aucun truquage n’est à envisager : ni accéléré, ralenti ou fondu enchaîné. Je n’obéis qu’au « cut », que j’assimile au clignement de l’œil.

 

Bien qu’ayant appris les techniques du montage, je préfère travailler avec des monteurs créatifs avec qui j’ai l’habitude de travailler (Laurent Lefebvre, Jérôme Kernéis, Isabelle Szummy, Guillaume Fougère, Cyril Bommelaer). La rencontre de leur imaginaire, de leur talent avec la matière filmique des rushes apport un souffle de création. Ils savent qu’ils ont la possibilité de remettre en question la narration, le statut des personnages et leur importance dans le film.

 

Le montage est pour moi un espace de grande liberté par rapport à ce qui peut être envisagé initialement, à l’écriture et au tournage : lorsque l’on s’attache à « anticiper le réel », il me paraît difficile de prévoir la construction finale dès le début.